Déboulonner les statues, un dérapage iconoclaste

La destruction des symboles des dirigeants antérieurs est vieille comme le monde. Les Pharaons, déjà, avaient pour habitude de faire détruire toutes les statues et les mentions du nom d'un pharaon antérieur détesté. Attribuant un caractère carrément magique aux représentations figurées ou écrites, les égyptiens anciens concevaient que la destruction du nom ou du dessin équivalait littéralement à la disparition de la chose nommée ou dessinée. À l'échelle des millénaires, je présume qu'on peux leur donner raison...


D'une simple moralisation de la chose patrimoniale, il m'apparaît que la chose peut facilement glisser vers l'iconoclasme pur et simple. En cette ère de l'hypersensible, nous nous plairons bientôt à fixer mosaïques et formes géométriques désincarnées, loin du terrifiant regard des idoles présentes ou passées. Nous ferons purge dans le coeur de la "civilisation de l'image" qu'est l'occident. Son esthétisme devra une bonne fois pour toute se soumettre au dogme débilitant du dépouillement oriental, de l'égalitarisme soviétisant. De toute façon, cet anthropocentrisme décomplexé pourrait bien ne pas tarder à être en lui-même la justification évoqué pour les déboulonnements...


L'on confinera alors uniquement le monde des image à la réalité parallèle des téléphones intelligents, laissant les rues vides et fades. Mais sans statues, sans histoire, sans patrimoine et n'ayant connu que cela, peut-être serons nous enfin content de vivre dans des décors faits de bétons soviétisants. Qui sait.


#SOC

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© 2018 par Philippe Sauro Cinq-Mars. Créé avec Wix.com

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