"Jouer le jeu des terroristes"


Beaucoup de gens considèrent que répliquer avec force aux attentats islamistes (de manière militaire ou légale), c’est « jouer le jeu des terroristes ». On pense en effet que les terroristes cherchent à provoquer l’occident afin qu’il attaque le Moyen-Orient et qu’il provoque encore plus de ressentiment à son égard, alimentant par le fait même le terrorisme. C’est probablement l’une des opinions les plus trompeuses et les plus dangereuses de notre époque, car jouer le jeu des terroristes, c’est beaucoup plus d’avoir peur d’assumer la guerre qui nous a été déclaré.


Qu’on se le rappelle : le but numéro 1 de l’État Islamique est d’imposer un califat sur tout le monde musulman, et ensuite, sur le reste de la Terre. Pour cela, il espère avoir beaucoup d’adhérants, et peu d’opposition de la part des grandes puissances. Ainsi, afin de se prémunir des ingérences occidentales, il utilise le terrorisme comme arme dissuasive. Alors oui, les attentats et les réponses occidentales ont peut-être un effet sur le recrutement djihadiste, mais le but principal des attentats terroristes, c’est de porter atteinte au moral et à la confiance de l’occident afin de le paralyser et de l’empêcher de contrer les projets totalitaires islamistes.


Alors quand je vois ces adeptes du pacifisme béat, qui espèrent que l’occident se fasse oublier, dans son coin, afin de ne pas trop froisser les peuples du Moyen-Orient, je ne peux m’empêcher d’y voir là une couardise qui sert bien les intérêts islamistes. Quand je vois des antimilitaristes et des anti-impérialistes critiquant systématiquement l’occident répondre aux islamistes des « même pas peur » alors qu’ils supplient leur gouvernement de ne pas agir, je ne peux m’empêcher d’y voir là la paralysie de la terreur. Lorsque je réalise que des évènements comme ceux de ce matin, à Bruxelles, engendreront probablement plus de débats en occident que de consensus, je ne peux qu’en arriver à la conclusion que les islamistes ont un peu gagné, et qu’ils ont répandu la sédition dans nos rangs.


Je repense souvent à cette scène classique d’un jeune se faisant intimider par une brute à l’école. On aura beau lui dire de ne pas jouer le jeu de son bully, de ne pas répliquer par la violence, de présenter l’autre joue, il restera dans tous les cas pétrifié de terreur face à son agresseur. Faire comme si de rien était lorsqu’on fait tomber tous ses livres par terre sera les symptômes d’une peur profonde qu’on lui fasse encore plus mal la prochaine fois. Mais combattre cette peur, c’est faire face à son agresseur, lui répliquer, lui tenir tête. Et s’il en vient à attaquer, lui envoyer un bon coup de poing au visage. Ça, c’est vaincre sa peur de l’intimidateur.


Pour beaucoup, déclarer sans nuances la guerre à nos ennemis, c’est céder à la peur. Manifester une confiance inébranlable dans la nécessité de les annihiler, c’est jouer leur jeu, c’est d’embarquer dans une guerre dont on pourrait se passer. Mais bien souvent, ce n’est pas nous qui choisissons nos guerre, ce sont nos ennemis. Ainsi, ne pas jouer le jeu des terroristes, c’est de ne pas se laisser faire, c’est de leur promettre leur fin prochaine, c’est de poursuivre la lutte pour notre liberté et notre sécurité, au péril de nos vies s’il le faut. Ne pas jouer le jeu des terroriste, C’est d’éviter de se perdre dans les méandres des débats sociaux en temps de crise : c’est répliquer de manière militaire à des question de sécurité internationale. Point barre.


Bock-Côté écrivait avec lucidité ce matin qu’on ne déclarait pas la paix; non, la paix ne se déclare pas, elle se gagne, et pour la gagner, il faut combattre.






P.S. Si vous choisissez l’option du pardon rédempteur et de la non-violence, on se revoit au prochain attentat pour en reparler.

#POL #ACTU #POLINT

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© 2018 par Philippe Sauro Cinq-Mars. Créé avec Wix.com

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